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Logiciels piratés : attention aux risques
Internet fourmille de sites qui proposent des logiciels piratés en téléchargement. La tentation est grande : pourquoi payer ce que l'on peut obtenir gratuitement ? Mais attention : la copie illicite de logiciels s'appelle le piratage et comporte de nombreux risques pour l'utilisateur.
L'achat d'un ordinateur est souvent un investissement important pour un particulier. On compare soigneusement les prix, on essaye d'économiser sur les différents équipements (écran, imprimante, etc.) et de trouver la configuration la moins chère. Mais un élément vient bouleverser ces calculs minutieux : le coût des logiciels. Ces programmes essentiels au fonctionnement de l'ordinateur font augmenter considérablement son prix. Emprunter à un ami son CD-Rom de logiciels ou télécharger sur Internet des versions "crackées" paraît alors très tentant. Or, cette copie illicite de logiciels a un nom : le piratage. Qu'il s'agisse d'un particulier ou d'une entreprise, c'est un acte sévèrement sanctionné par la loi et il existe plusieurs risques techniques ou juridiques qui attendent l'utilisateur.
Pourquoi est-ce illégal ?
40 % des logiciels bureautiques ou professionnels installés dans le monde seraient des logiciels piratés, selon une étude de la Business Software Alliance (BSA), consortium regroupant les principaux éditeurs mondiaux. Le taux de piratage serait de 46 % en France, un taux beaucoup plus élevé que la moyenne européenne qui est de 37 %. Les pertes liées à ces copies illicites sont évaluées à 12 milliards d'euros dans le monde. L'emploi et l'innovation en souffrent directement : les éditeurs estiment à 30 000 le nombre d'emplois qui pourraient être créés en évitant la perte d'une telle somme.
Les logiciels font partie des œuvres protégées par le code de la propriété intellectuelle. Et les actes interdits par la loi ne se limitent pas à l'installation à partir du CD d'un ami ou via un téléchargement sur Internet. Le fait d'installer un logiciel sur plus de postes que prévu dans la licence, de copier un programme qui porte la mention "commercialisé uniquement avec un nouveau PC" ou d'utiliser le logiciel à d'autres fins que celles qui sont définies au départ - comme installer un logiciel de l'entreprise sur son ordinateur personnel ou utiliser une version réservée aux écoles - est aussi considéré comme du piratage.
Les risques juridiques
En février 2000, le Tribunal correctionnel de Chaumont a condamné un particulier à deux ans de prison ferme et 330 000 francs (50 300 euros) de dommages et intérêts, pour avoir utilisé des copies illicites de logiciels. Le code de la propriété intellectuelle, la loi du 10 mai 1994 et la loi du 5 février 1994 relatives à la répression de la contrefaçon punissent sévèrement le piratage des logiciels. Qu'il s'agisse d'une personne physique ou morale, l'utilisateur d'un logiciel piraté encourt une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Pour les entreprises, les peines peuvent aussi se traduire par la fermeture de l'établissement, la confiscation des matériels ayant servi à commettre l'infraction, ou encore le placement sous contrôle judiciaire.
Les risques techniques
Lorsque vous utilisez la copie illicite d'un logiciel, vous ne pouvez pas bénéficier des mises à jours et du support technique du produit. Or, les mises à jours sont indispensables pour assurer la sécurité des logiciels : chaque année, les éditeurs publient des dizaines de correctifs sécurité ou des "patchs" améliorant le fonctionnement de leurs logiciels. Selon une étude de l'Institut américain SANS, la majorité des attaques ou des tentatives d'intrusion exploitent les failles de sécurité connues depuis longtemps. Le virus Badtrans en est un exemple parfait : les utilisateurs qui n'avaient pas mis à jour Internet Explorer contre une faille connue ont été contaminés à l'ouverture de l'e-mail. La faille permettait l'exécution du virus sans avoir besoin d'ouvrir la pièce jointe.
Autre risque : les logiciels "crackés" téléchargeables sur Internet peuvent contenir des virus ou des Troyens. Certains sites "warez" – qui proposent des logiciels piratés – ont été contaminés par le Troyen Subseven. Le risque concerne aussi les réseaux de téléchargement : le virus Benjamin s'est propagé en mai dernier sur le réseau de Kazaa, caché sous l'apparence d'un jeu, d'un logiciel ou d'un fichier MP3. Les codes malicieux peuvent aussi s'introduire dans des CD de compilation de logiciels : en 1999, le virus WM97/Ethan s'était glissé accidentellement dans le CD offert par le magazine Developers Review. De plus, certains logiciels téléchargeables sur Internet sont en fait des versions béta (de test) qui ne comportent pas toutes les fonctionnalités. Les pièces manquantes peuvent être parfois fatales : les versions béta étant destinées à l'essai, rien ne garantit qu'elles ne mettront pas en péril le bon fonctionnement de votre ordinateur.
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